Vivement Juillet !

Ce mardi se tenait à Paris la présentation officielle du Tour de France 2018. Palais des Congrès plein, coureurs sur leur 31 et même Bernard Hinault en cravate : tout était présent pour faire saliver l’audience impatiente. Comme CYI était dans la salle, on profite pour venir vous en parler un peu. N’ayant plus beaucoup de courses à se mettre sous la dent, les amoureux du vélo que nous sommes ont pu tout de même avoir leur quota de petite reine. Rendez-vous obligatoire pour managers, coureurs, anciennes gloires, on a pu vivre vélo pendant deux petites heures. Parce que ce n’est pas tous les jours qu’on peut se retrouver entre les Poupou, Thévenet, Hinault, chasser les Froome, Bardet et laisser Coquard nous tapoter sur l’épaule parce qu’on le gène (on imagine qu’il est plus offensif dans les sprint le coq). On a même pu croiser Cavendish qui zigzaguait dans la salle avec un petit ensemble pull cachemire chemise blanche, presque à nous faire oublier sa réputation de bad boy. Après quelques discours et la remise du vélo d’or de l’année (… à Chris Froome ! MAIS NON ?!), on passait enfin aux choses sérieuses. Roulement de tambour et jeux de lumière, c’est reparti pour un Tour ! (Ou presque.)

 

 

Un mélange subtil entre classique et nouveautés

 

On le sait, depuis quelques années, le Tour a ses passages obligatoires, ceux que l’on retrouve régulièrement et qui nous donnent au premier coup d’œil un sentiment de déjà-vu. Cette édition n’échappe pas à la règle et recycle ses incontournables, à la différence que, cette année, Christian Prudhomme et son équipe les ont sublimés et nous ont déniché de petites merveilles.

 

De Noirmoutier-en-l’Ile à Roubaix, la première semaine s’annonce périlleuse et doit déjà effrayer les favoris du général. Comme tous les ans, on n’y gagnera pas le Tour mais les chances de le perdre planeront sur le casque des coureurs. Après deux premières étapes pour sprinteur, le peloton s’attaquera à un contre-la-montre par équipe (exercice de style absent ces deux dernières années) long de 35 km. Les 4ème et 5ème étapes auront des allures d’Ardennaises avec pas moins de 5 côtes entre Lorient et Quimper avant une double ascension inédite du Mur de Bretagne le lendemain. Apothéose le dimanche, avec 21km de secteurs pavés (un record) entre Arras et Roubaix : Nairo accroche toi.

 

Les grimpeurs devront attendre la 10ème étape et l’arrivée dans les Alpes pour trouver un terrain à leur convenance. Une trilogie qui s’annonce déjà dantesque. Les coureurs devront escalader la Croix Fry, la montée du plateau des Glières, le col de Romme et la Colombière avant de plonger sur-le-Grand-Bornand le mardi. Inédit dans un Tour de France, les derniers kilomètres du plateau des Glières ne seront pas goudronnés et laisseront planer sur cette étape des effluves d’un autre temps. Le lendemain, direction Haute-Tarentaise avec la première arrivée en altitude à la Rosière, après un enchainement Bisanne, Col du Pré, Cormet de Roselend : 108km de montagne russe aux allures de roulette russe. Pour parachever le tout, la 12ème étape revisitera les géants des Alpes avec l’enchainement Madeleine, Croix de Fer, Alpe d’Huez. Près de 5000km de dénivelé pour une étape vertigineuse.

 

Après une très courte transition pour sprinteurs à Valence et baroudeurs à Mende et Carcassonne où il faudra rester attentif, les Pyrénées se dresseront en juge de paix face aux candidats rescapés pour le général. Une première étape offrira aux coureurs un enchainement Portet-d’Aspet/Col de Menté/Col du Portillon mais c’est surtout sur la 17ème étape, le lendemain, que tous les regards convergent. Au programme : 3 cols pour une arrivée unique au Col de Portet, avec seulement 65km à parcourir. 1h30 de guerre sans un kilomètre de plat : on vous laisse imaginer l’ampleur des dégâts. Les coureurs devront finalement rejoindre Laruns pour la dernière étape de montagne, après avoir grimpé l’Aspin, le Tourmalet, et l’Aubisque. Rien que ça. Voilà. Formalité ou juge de paix, la « dernière étape » sera un contre la montre individuel, 31km de côtes basques où seuls les derniers fous se disputeront le général.

 

 

Mais, pour qui ?

 

3329km pour un Maillot Jaune. Même s’il est trop tôt pour parler de favoris, le parcours nous laisse quelques indications pour un vainqueur type. Avec un contre la montre par équipe, des profils d’ardennaises, des pavés, deux étapes très courtes (65 et 108km), 4 arrivées au sommet, 2 arrivées après une descente, et enfin un contre la montre individuel exigeant la veille de l’arrivée, le Tour s’annonce très ouvert et destiné à un coureur plus complet que jamais. Les nouvelles équipes à 8 coureurs auront aussi un impact assez important et rendront la course plus ouverte : une équipe à 6 ou 5 éléments la vieille des Pyrénées se verrait être largement handicapée pour la fin du Tour. Comme un symbole, Chris Froome semble effrayé par les 9 premières étapes tandis que Romain Bardet se réjouit de ses étapes indécises. Le panache de l’auvergnat qui vient déjouer les plans du rouleau compresseur de la Sky, ça ne fait pas encore blockbuster mais c’est déjà suffisamment crédible pour être envisagé. (Quoi ? Vous me trouvez naïf ?). Dumoulin, Aru, Porte auront leur mot à dire et devront se livrer pour faire chuter le déjà quadruple vainqueur de la Grande Boucle.

Ce qui est sûr c’est que l’attentisme ne devrait pas être récompensé sur cette 105ème édition (du moins je l’espère) et je me laisse à rêver à un Tour glorifiant le panache. D’accord « ce sont les coureurs qui font la course », mais cette année, ils seront bien aidés. Moi en tout cas j’ai déjà hâte.

 

 

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A propos Nicolas Delpech

"On a la chair de poule mais c'est un coq qui est devant"

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