Un weekend au Red Bull Crashed Ice d’Avoriaz

Quatre concurrents qui s’élancent, patins aux pieds, sur une piste de glace longue de 300 mètres, et un principe simple. Le premier en bas a gagné. Voilà le concept simpliste mais non moins génial du Red Bull Crashed Ice. Cette semaine, la meute de chiens fous faisait étape à Avoriaz. De la neige, beaucoup de neige. Des gamelles, beaucoup de gamelles, et nous, au milieu de la foule, dans la tempête.

(les trucs marrants à partir de 50 secondes)

Une météo qui retarde la fêtée

La station attendait ça depuis des semaines. Pour la première fois, la Riders Cup débarque en France. Pour se montrer à la hauteur, 300 bénévoles ont tout donné pour façonner la piste de 300 mètres. Au coeur de la station, là où les pioupious découvrent normalement les joies de la glisse se dresse le monstre. Virages relevés, sauts, rampes. Après des heures de travail, et des tonnes de neige déplacées, le parcours a vraiment de la gueule. On est loin des usines à gaz de Lausanne et de Munich, mais le côté artisanal de cette étape, organisée à 1800 mètres d’altitude, lui donne un charme indéniable.

Dès vendredi, les 109 riders sont prêts à en découdre. Mais les conditions météorologiques en ont décidé autrement. Impossible de concourir en raison des fortes chutes de neige de la nuit. Pour se dégourdir les jambes, les concurrents testent malgré tout la piste. Un entrainement qui rassemble déjà une foule dense, entre vacanciers curieux et fans inconditionnels venus de la vallée. On va pas se mentir, nous on est restés bien au chaud pour regarder depuis le balcon. Le DJ set était pourri, les mecs ne se livraient pas dans les virages, et il neigeait. On vous aime bien, mais on est pas masos.

Le lendemain matin, dans l’indifférence la plus totale, se jouent les qualifs. En raison de la météo capricieuse, seuls les 32 meilleurs sont qualifiés pour les phases finales de la soirée, pour éviter d’abîmer encore plus une piste déjà mise à rude épreuve. Les riders défilent tous un par un, la qualif se joue au temps. On perd là tout l’intérêt et le côté spectaculaire de l’évènement. Mais peu importe, tous les favoris sont là, les Français aussi, et c’est à peu près tout ce qu’il y a à retenir de cette matinée.

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Naasz grand vainqueur, Dugerdil en héros

Les choses sérieuses commencent aux alentours de 19h. Musique à fond, stand Red Bull bien en évidence, boissons énergisantes distribuées à tous les courageux venus applaudir ces 32 grands malades. La stratégie de la marque au Taureau dans toute sa splendeur. Le public est venu en masse se masser aux abords de la piste pour les premiers arrivés, sur les collines et dans les arbres pour les autres. On vous laisse imagine où l’on se trouve. Petit indice, comme d’habitude, on voit le truc de haut, très haut. Mais au moins, le recul est suffisant pour profiter des 3 derniers virages et de l’arrivée. Et ce n’est pas vraiment du luxe, sur une course qui dure une petite quinzaine de seconde. Pendant ce temps là, les spectateurs dans les virages ne voient rien et se mordent les doigts. Bien fait, fallait arriver plus tard. Une dernière fois, les volontaires se plient en quatre pour rendre la piste praticable. Les chutes de neiges redoublent d’intensité, rendant leur tâche toujours plus ardue. Mais rien ne pourra rafraichir l’ambiance, ni l’enthousiasme de tous les participants, tous surexcités à l’idée d’en découdre sur cette piste atypique.

C’est parti pour les huitièmes de finale. Au top départ, les quatre patineurs s’élancent des starting blocks. Ca pousse sur les jambes, ça joue des coudes pour aborder les premières bosses dans les meilleurs conditions. Un premier virage à droite. La neige rend la glace encore plus glissante, mais ça passe généralement sans encombre. Puis le gros gap du parcours. Les mecs décollent de deux mètres, et la réception casse gueule n’aide pas vraiment à rester debout sur les patins. Et le pire arrive. Un deuxième virage à droite, autrement plus relevé que le premier. Sur les huitièmes, au moins un rider finit les quatre fers en l’air. C’est LE virage où tout se joue. Derrière, il « suffit » de rester debout jusqu’en bas.

 

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Au fil des courses, les chutes se font de plus en plus nombreuse. La fatigue des efforts répétés, l’intensité à l’approche de la finale aussi rendent les runs plus électriques. Au plus grand plaisir du public, qui se fait entendre à chaque contact musclé entre les concurrents. Une clameur nourrie accompagne les passages de Pacôme Schmitt et surtout Tristan Dugerdil, le régional de l’étape. Sous les encouragement de son fan club, le Morzinois se hisse jusqu’en finale. Il est opposé à la crème de la crème: le Finlandais, Paavo Klintrup l’Américain et actuel leader du championnat, Cameron Naasz et Dean Moriarty. C’est finalement le Canadien qui s’impose et qui comble une partie de son retard face à Naasz, qui contrairement à ce que son nom indique, domine de la tête et des épaules le classement. Mais Avoriaz n’en a cure, et célèbre son héros, qui franchit la ligne en troisième position. Une véritable performance pour Tristan, qui toute la semaine, s’est acharné aux côtés des bénévoles pour rendre possible cet évènement. Malgré la neige qui s’abat sur eux, les trois gaillards sont les plus heureux du monde en montant sur la boite.

Le reste de la station peut ensuite tranquillement aller se la coller dans les bars aux alentours. Parce que c’était bien sympa, mais qu’est ce qu’il faisait froid.

 

Photos – Red Bull Crashed Ice

Vidéo – Avoriaz 1800

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A propos Jean Delanoy

« When the seagulls follow the trawler, it is because they think sardines will be thrown into the sea. »

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