Soporifico

Marseille bétonne, Paris piétine. Voilà, je pourrais m’arrêter là pour le résumé de ce match on ne peut plus insipide, et signer le papier le plus court de l’histoire de CYI. Enfin, il y a bien certaines choses à dire et des enseignements à en tirer.

 

Voilà donc le premier match de l’ère Garcia. Débarqué deux jours avant le match le plus important de la saison dans un club qui fait pâle figure, la tâche avait au moins le mérite d’être relevée d’entrée. Alors que Passi, viré non sans une certaine inélégance, préparait son choc au Parc, Garcia reprend les manettes en imposant ses plans. Des plans auxquels il ne nous a pas habitué : 5 défenseurs. Chouette se dit-on alors, encore une équipe sans ambition qui va se pointer au Parc pour mettre le bus et prendre une fessée la moins violente possible. C’est comme ça que ça se passe normalement au Parc, non ? Eh bien plus vraiment en réalité, pas quand Paris cale comme il peut caler cette saison. Alors qu’à une autre époque, les occasions, même rares, permettaient aux parisiens d’irrémédiablement s’en sortir, cette année tout peut aller de travers. En réalité ce Classico est l’anti Classico de février dernier au Vélodrome. A l’époque Marseille avait drôlement bien joué, n’avait pas eu peur de proposer du jeu, et Paris en avait souffert. Puis le PSG, réaliste, avait fini par l’emporter 2-1. Marseille avait alors tiré 18 fois au but, un record contre Paris. Hier soir ? Aucun tir, du jamais vu depuis qu’Opta gère les stats de Ligue 1 (plus de 10 ans). Et pourtant l’OM repart avec le point du nul. A cela il y a de bonnes, et de mauvaises raisons.

 

Dans ce Classico de février dernier, Di Maria avait été décisif, inscrivant le but de la victoire. Hier, il a traversé le match comme un fantôme. Approximatif, il n’a rien su apporter d’autre qu’une inhabituelle faiblesse technique. Autre absent par rapport à la saison dernière, Ibra. Passeur et buteur à l’époque. Non pas que je le regrette outre mesure, mais force est de constater que Cavani, bien que meilleur buteur d’Europe, a croqué le peu qu’il a eu à se mettre sous la dent. Car si on s’y attarde un instant, on ne devrait pas être en train d’analyser un 0-0, mais un triste 1-0 grâce à un but de Cavani si ce dernier n’avait pas envoyé à côté un ballon qu’il reprend à 5 mètres du but vide. On aurait alors parlé d’un Paris qui gagne sans convaincre, sans trop s’inquiéter. Aujourd’hui le bilan est autre. Et il est appuyé par des sorties qui interpellent quant aux relations qu’Emery entretien avec ses joueurs. Verratti, Motta, Di Maria, tous sont sortis dans l’incompréhension et la colère. Malgré leur égo, les trois scènes étaient éloquentes. Un classico médiocre, 6 points de retard sur Nice, et sur le total de la saison dernière à la même époque, Emery échoue-t-il à prendre la mesure de son poste ? Trop tôt à mon sens pour en juger, mais aujourd’hui ce PSG semble clairement tourner en rond.

 

Pour Marseille par contre, ce nul a des allures de victoire, en témoignent les cris de joie au coup de sifflet final. Rien à dire pour Garcia, sans tirer on ne peut pas espérer mieux, disait-il. Perspicace sans être sexy. Cette approche est compréhensible, pas de quoi mettre en place un système en deux jours, donc on verrouille tout. On notera néanmoins quelque petites choses intéressantes. Rolando mis au placard par Passi a, sauf son tacle par derrière inconsidéré et stupide sur Cavani qui aurait pu avoir des conséquences lourdes, réalisé une prestation on ne peut plus honorable. Je retiens aussi la bonne entente Machach, Thauvin, Gomis. Sevrés de ballons, ils ont donné de leur personne pour faire ce qu’ils pouvaient aux avant-postes pour combiner. De la générosité, et peut-être pas une mauvaise entente d’ailleurs dans l’éventuelle constitution d’un trident offensif avec ces mêmes hommes dans un 4-3-3. Machach sera toujours plus utile qu’un N’jie qui nous a encore montré qu’il savait courir vite, c’est bien, mais pas avec un ballon, et c’est tout de suite moins utile. Comme enseignement général, les phocéens retiendront surtout un match fondateur pour l’ère Garcia qui s’ouvre à eux. La fin d’une série de 10 défaites consécutives dans les classico, l’intronisation du nouveau proprio, l’arrivée d’un coach d’expérience, bref, de quoi construire pour les mois à venir. Seul risque, que les valeurs montrées lors de ce classico ne durent que les 90 minutes d’hier soir, comme cela a hélas trop tendance à être le cas. Hier Garcia a obtenu le premier acte fondateur dans sa reconstruction de l’équipe, place maintenant aux actes et au jeu. L’image de l’exploit est là, à eux maintenant de bâtir autre chose. Plus d’un an que le peuple phocéen attend cela.

 

Photo : Facebook : OM | Olympique de Marseille

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A propos Alban de Poulpiquet

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