Sans blague, les Russes se dopent?

Maria Sharapova a lancé le mouvement. Depuis lundi, et l’annonce de son contrôle positif au Meldonium, les cas de dopage avéré se multiplient. Et Ô surprise, tous concernent des athlètes Russes. En attendant l’éclatement du scandale des Jeux Européens (ça ne devrait pas tarder, 500 athlètes seraient concernés, on va bien rigoler). Deuxième affaire d’envergure pour les ouailles de Poutine, après la suspension de l’ensemble de l’équipe d’athlétisme pour les Jeux de Rio, en Décembre dernier. Le rideau de fer est tombé, l’URSS a explosé, mais les méthodes restent. Il serait temps d’arrêter de faire l’autruche.

 

Maria, la fin d’un mythe

Tennistiquement, ce n’était déjà plus trop ça. La quintuple lauréate en Grand Chelem avait déjà perdu de sa superbe sur les courts. La faute à un vilain complexe d’infériorité face à Serena Williams. Mais qu’importe. Masha reste Masha. A l’image d’une Ana Kournikova (qui n’a pas eu le quart du dixième de la carrière de Maria), sa simple prestance, pour ne pas dire plastique, lui suffisait à gratter des contrats juteux. Mais ça c’était avant. Avant ce lundi noir. En princesse, Sharapova a voulu prendre les devants et annoncer avant la Fédération Internationale son contrôle positif au Meldonium lors de l’Open d’Australie, en janvier dernier. Classe comme jamais dans sa jolie tenue noire, la belle Maria ne nous a malgré tout pas épargné le discours habituel: « J’ai fait une grave erreur, j’ai laissé tomber mes fans ». Blablabla. Si elle a le mérite d’assumer, et d’affronter les critiques, elle se cache derrière une faute de son clan, qui n’aurait pas été informé de l’apparition du Meldonium sur la liste des dopants. Personne n’est dupe. Evidemment, les réactions sont nombreuses. Nike rompt son contrat, Hénin et Serena soutiennent leur ancienne rivale, alors que Jennifer Capriati la descend en flèche. Oui, la même Jenni, suspendue plusieurs fois au cours de sa carrière pour dopage. Dans le genre foutage de gueule. Une vilaine fin de carrière en perspective pour Masha, qui a tout de même promis qu’elle reviendrait sur les courts. Déjà à la rue avec son Meldonium, on a pas vraiment hâte de voir le résultat sans.

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Effet boule de neige dans la toundra

Comme à chaque fois qu’un athlète est contrôlé positif, la fédération russe fait l’autruche et clame à qui veut bien l’entendre qu’elle n’était au courant de rien, et qu’il s’agit d’une faute individuelle. Une fois, ça passe. Deux fois, c’est déjà plus limite. Mais au bout de la 12000è fois, il faudrait arrêter de prendre les gens pour des jambons. Alors soit, Maria s’est dopée toute seule. Mais derrière, trois athlètes russes sont suspendus pour la consommation du même produit. Un volleyeur, et deux patineurs de vitesse (si vraiment, les noms vous intéressent, Google est votre ami, nous on pense surtout aux 99% de lecteurs qui n’en ont rien à faire). Pour la petite histoire, ça pourrait bien nous rendre service, puisque les volleyeurs russes pourraient perdre leur place aux JO au profit des Bleus. Mais le scandale ne s’arrête pas là. Les autorités Russes vont aussi devoir s’expliquer sur les 500 athlètes apparemment contrôlés positifs aux Jeux Européens de Bakou. Des Jeux dont tout le monde se fout, sauf les pays de l’Est, dominés par les Russes donc, et aussi les Biélorusses, qui seraient donc devenus une grande nation du sport par miracle. Sérieusement, la vie, c’est pas un kiwi.

 

Meldonium, késaco?

Mais quel est donc l’objet du délit, sur toutes les lèvres depuis deux jours? Un médicament, ultra populaire en Europe de l’Est, interdit à la vente partout ailleurs. On pourrait s’arrêter là, ça sent déjà le sapin? Un médicament, donc, censé protéger les cellules cardiaques. Au delà de l’aspect curatif, relativement banal, on retiendra que le Meldonium augmente considérablement les capacités cardiaques. Officiellement sur la liste des produits interdits depuis 2 mois, le Meldonium connait de nombreux adeptes, en Europe de l’Est et en Afrique. Pas moins de 12 contrôles positifs ont déjà été recensés avant celui de Sharapova. Et ce n’est que le début.

Alors les Russes peuvent continuer à nier en bloc. Il faudra bien trouver une solution à leurs douilles nationalisées. De quoi remettre en cause la participation de la délégation Russe aux Jeux? Pourquoi pas. Ca nous ferait plus de breloques. Et qui s’en plaindrait?

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A propos Jean Delanoy

« When the seagulls follow the trawler, it is because they think sardines will be thrown into the sea. »

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