Objectif Brennus !

Entre les matchs de l’Euro, les 24 Heures du Mans et le match 7 des finales NBA (#thirdringfortheking), les demi-finales du Top 14 sont (presque) passées inaperçues. Et pourtant, Dieu sait qu’il aurait été dommage de louper ces deux matchs ! On a assisté à des matchs enlevés et passionnants, du jamais vu dans la jeune histoire des phases finales du Top 14. Et au final, ce sont les joueurs du Racing 92 et ceux du Rugby Club Toulonnais qui auront l’honneur de se disputer le bouclier de Brennus sur la pelouse du mythique Camp Nou, la semaine prochaine. Retour sur ces deux demies ! Et cette fois, je m’abstiendrai de faire un pronostic pour la finale !

 

Racing 92 – Clermont : le match de l’année !

 

On a souvent été déçus par les phases finales de Top 14. On reprochait – à raison – aux équipes de pratiquer un rugby calculateur, petit bras, ultra défensif, bref, chiant! Mais ce match là rachète tous les autres, avec son scenario digne des meilleurs blockbusters hollywoodiens! Clermont était le favori annoncé de cette demie. Il y a une semaine, le Racing 92 avait pu compter sur l’indiscipline des toulousains pour se qualifier difficilement pour les demi-finales. Visiblement, ce statut d’outsider les a transcendés, et on a sans l’ombre d’un doute assisté au plus beau match de l’histoire des phases finales du Top 14. Déjà, en une mi-temps, on avait vu plus de jeu que lors des deux matchs de barrage réunis ! Les deux équipes avaient décidé de se livrer, d’envoyer du jeu et de tout lâcher pendant ce match. Symbole de cet engagement total, l’impressionnant KO subi par l’arrière clermontois Abendanon après un choc avec l’ailier all black Rokocoko dès la 10ème minute ! Menés par un Wesley Fofana des grands jours, les jaunards de Clermont se voyaient refuser un essai en première mi-temps pour un en-avant de passe plus que discutable, après un exploit personnel magnifique de Fofana, qui avait mystifié toute la défense du Racing. Quelques minutes plus tard, l’arbitre, Mr Ruiz pour ne pas le nommer, accordait après vidéo un essai plus que discutable, lui aussi, au Racing 92 et à son centre Goosen après avoir considéré que pousser le ballon vers l’avant sans en avoir la volonté ne constituait pas un en-avant. Alors je ne suis pas un expert du rugby, mais pour moi c’est le principe même de l’en-avant… Enfin bref, ce sont des faits de jeu, l’arbitre a toujours raison, même quand il a tort !

 

Certes, ce fait de jeu a largement contribué au succès des joueurs du Racing, mais leur victoire est loin d’être usurpée pour autant ! Brice Dulin a été lumineux, Carter a été juste, à la botte comme dans l’animation du jeu, et le Racing dans son ensemble a su faire preuve d’opportunisme, en montrant l’agressivité nécessaire pour espérer s’imposer. Affichant une volonté claire de jouer tous les ballons, quitte à devoir relancer depuis leur en-but, les racingmen ont brillamment relevé le défi clermontois, et le score de parité 27-27 à l’issue des 80 minutes n’était que justice. La prolongation fait déjà partie de ces morceaux d’histoire qu’on n’oubliera pas de sitôt. Après une pénalité et un drop de Brock James, qui a du coup joué son dernier match sous les couleurs clermontoises, Clermont menait 33-27 à une minute de la fin de la prolongation, et avait déjà 1 pied et 9 orteils à Barcelone. A la dernière minute, l’ailier argentin du Racing Juan Imhoff veut jouer vite une touche à 60 mètres de la ligne clermontoise mais voit sa touche interceptée par Wesley Fofana. Le demi de mêlée remplaçant clermontois Radosavljevic (potentiellement 135 points au Scrabble avec un mot compte triple) décide alors de renverser le jeu et se fait à son tour intercepter par le flanker sud-africain du Racing  Juane Kruger, qui parvient à transmettre à Imhoff. La suite, on la connait, Imhoff a su trouver les ressources pour sprinter 60 mètres après 100 minutes d’une intensité rare pour aller aplatir. 33-32. Restait à Dan Carter de tenter la transformation avec sur ses épaules la pression d’avoir au bout du pied le pouvoir de faire basculer son équipe dans l’euphorie ou dans la détresse. Mais le meilleur ouvreur de tous les temps ne tremblait pas et compostait brillamment le billet du Racing pour le Camp Nou (34-33).

 

Toulon – Montpellier : le MHR pris à son propre jeu

 

Montpellier s’était qualifié sans difficulté pour les demi-finales en pratiquant encore une fois face à Castres un rugby estampillé Springbok, fait de défi physique et de destruction systématique des défenseurs adverses. Quand on y pense, c’est quand même un comble que le symbole de l’Afrique du Sud soit une petite gazelle agile quand on sait que le principe même du rugby sud-africain, c’est de foncer dans le tas, au ras, plutôt comme un bon gros taureau. Bref, je m’égare.

 

Face à Toulon, les Montpelliérains sont tombés contre une équipe qui avait parfaitement intégré les leçons du match précédent, disputé il y a trois semaines. Les Toulonnais se sont montrés puissants, rigoureux, et organisés. Après plusieurs tentatives au ras, les joueurs de la rade sont passés par les ailes pour deux essais de Tuisova et Nonu pour mener 21-6. Malgré la fatigue engendrée par une saison à rallonge, les héraultais réagissaient en faisant ce qu’ils font de mieux : deux bons gros ballons portés des familles qui enfoncent la défense et envoient Jess Mogg à l’essai. L’arrière gallois Halfpenny, revenu de 6 mois de blessures se chargeait de redonner de l’air aux toulonnais en ajoutant 6 points au pied. Auteur de 17 points, le gallois a signé un retour à la compétition plus que convaincant, et on est vraiment content pour lui, parce que c’est un très grand joueur qui nous a manqué cette année. Malgré une petite frayeur quand les montpelliérains ont marqué deux essais très rapprochés, les Toulonnais ont dans l’ensemble contrôlé le match.

 

Les demies ont rendu leur verdict, et il y aura bien un club de la région parisienne pour tenter de succéder au Stade Français. Espérons que la finale soit du même niveau que la demie entre le Racing et Clermont !

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A propos Clément Duriez

Etudiant à Audencia en Management des Organisations du Sport

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