NYK Drama

Samedi, j’ai appris la mauvaise nouvelle par l’intermédiaire de ce cher Kévin Mercier, expert football et NBA à CYI-Sport. Carmelo Anthony est transféré à OKC contre Doug McDermott et Enes Kanter. Kanter + McDermott, voici la valeur de celui qui fut (c’est dur à écrire…) le visage des Knicks pendant 7 ans. Une nouvelle offense pour le fan de NYK que je suis. Ce n’est ni la première ni la dernière, me direz-vous. Et vous n’avez malheureusement que trop raison. Le trade (inévitable) de Melo doit ouvrir une nouvelle ère pour New York. Ce qui me rend triste, c’est qu’on prononçait déjà cette phrase il y a 7 ans. Mais revenons sur ces dernières années pour mieux comprendre le calvaire que nous vivons, nous fans des Knicks, …

 

Back in the 90’s…

 

Les années 90 en NBA ont été irrémédiablement marquées par les Bulls de Michael Jordan. Cependant, il ne faut pas oublier que d’autres équipes ont connu de belles années à cette époque-là, comme les Rockets ou les Knicks. La belle décennie des Knicks trouve son origine dans le first pick de la draft 1985 et la sélection de Patrick Ewing. Le légendaire pivot a fait chavirer le Madison Square Garden de 1985 à 2000. Pendant ces 15 années, les new-yorkais n’ont jamais été aussi près d’ajouter un troisième titre à leur palmarès, après ceux de 1970 et 1973. L’apogée des Knicks version Ewing est la participation aux Finals de 1999. Malgré un lock-out et une qualification de justesse en playoffs (8ème de la conférence Est), ils parviennent à éliminer le Heat, Atlanta et Indiana. Malheureusement, sans Ewing (blessé), les Knicks ne feront pas le poids face aux San Antonio Spurs menés par le duo Robinson – Duncan.

 

Pourquoi parler de cette belle époque alors qu’il est question du drame actuel ? Tout d’abord parce que ça fait plaisir de se dire que les Knicks ont été, il n’y a pas si longtemps, au top (franchement, on en a besoin pour tenir). Mais surtout parce qu’en coulisse se préparait le drame que nous vivons aujourd’hui. Les Knicks, via le Madison Square Garden, était la propriété de Paramout Communications, acheté en 1994 par Viacom. Le Madison Square Garden est alors vendu à Cablevision et ITT Corporation. En 1997, Cablevision devient l’unique propriétaire. Cablevision, devenu aujourd’hui Altice USA, a été fondé par Charles Dolan. Le fils de ce dernier, James Dolan, va prendre la tête de du groupe The Madison Square Company dont font partis les Knicks, les Liberty et les Rangers.

 

Les premières années galères…

 

James Dolan va se révéler être l’un des pires propriétaires de franchise NBA. Il est seulement devancé par Donald Sterling[1] et certainement à égalité avec Vivek Ranadivé (propriétaire des Sacramento Kings). Les Knicks participent une dernière fois aux playoffs en 2001. En décembre 2003, James Dolan décide de réagir en prenant ce qu’on pensait, jusqu’à il y a peu, comme sa pire décision (coucou Phil…) : nommer son ami Isiah Thomas président des opérations basket. Le rejeté de la Dream Team a été un dirigeant pitoyable. Les Knicks n’atteindront pas une seule fois les playoffs et Thomas prendra des décisions incompréhensibles (comme le contrat de Jerome James de 30M sur 5 ans). Il contribuera ainsi à la réputation de NY d’offrir des contrats longs et juteux.

 

Hormis les performances de Jamal Crawford, David Lee et Nate Robinson, les bonnes surprises se font rares. Heureusement, Isiah Thomas est démis de ses fonctions au printemps 2008, tout en gardant un rôle de l’encadrement (sinon c’est pas drôle). Après 5 années pénibles, les Knicks font confiance au duo Donnie Walsh – Mike D’Antoni pour repartir du bon pied. D’Antoni est un coach reconnu pour sa stratégie des « seven seconds or less » qu’il utilise à Phoenix et Walsh un dirigeant apprécié à Indiana.

 

L’été 2010, le tournant

 

Donnie Walsh est le meilleur GM que New York ait connu au 21ème siècle. Il va réussir à se défaire des gros contrats hérités de l’ère Thomas comme celui de Zach Randolph (14M par saison[2]). L’idée de Walsh est d’avoir assez de place sous le salary cap pour pouvoir signer 2 contrats max lors de la free agency de 2010. Cette free agency était très attendue car des joueurs comme LeBron James, Dwayne Wade, Chris Bosh, Joe Johnson ou Amar’e Stoudemire étaient sur le marché. La cible prioritaire des Knicks était évidemment King James. Annoncé proche, The Chosen One rejoint le Miami Heat pour former les Tres Amigos avec le succès que l’on connait. New York se rabat alors sur Stoudemire que D’Antoni connait très bien pour l’avoir eu sous ses ordres à Phoenix. Un excellent article de Bleacher Report[3] permet de comprendre pourquoi LBJ n’a pas retenu NY : au-delà du choix douteux d’Isiah Thomas pour mener l’entretien, le roster des Knicks lui a paru trop juste pour remporter le titre. Finalement, la purge de 2 ans est aussi à l’origine de la non-venue de James, ce qui ne manque pas d’ironie.

 

Toutefois, Stoudemire n’est pas qu’un second choix, c’est aussi un free agent très courtisé en 2010. De plus, le roster des Knicks n’est pas ridicule avec notamment Raymond Felton, Danilo Gallinari, T. Mozgov, Wilson Chandler ou Landry Fields. Le début de saison est d’ailleurs très encourageant. Mais comme rien n’est simple avec les Knicks, un mega trade vient bouleverser l’effectif. Sous la pression de James Dolan, Walsh échange Chandler, Felton, Gallinari, Mozgov, un premier tour et deux seconds tours de draft contre entre autres Carmelo Anthony et Chauncey Billups[4]. Ce trade, qui a fait la renommée de Masai Ujiri (le GM de Denver), doit permettre de créer un Big Three avec Stoudemire, Melo et Billups (champion NBA 2004 avec les Detroit Pistons) et surtout de satisfaire les désirs de Dolan. L’idée n’est pas mauvaise mais la greffe ne prend pas (Billups est amnistié en décembre 2011) et surtout le transfert est trop couteux pour NY. Car le coût ne se limite pas à la perte de la moitié du roster. En effet, ce trade va conduire à la démission de Donnie Walsh quelques semaines plus tard, l’ingérence constante de Dolan n’étant plus supportable pour lui. Stoudemire et Anthony ont dû mal à jouer ensemble mais les Knicks parviennent tout de même à se qualifier pour les playoffs (la première fois depuis 10 ans). Mais le bonheur sera de courte durée : les Knicks sont sweepés par Boston au premier tour. Bilan de la saison : les Knicks ont gagné deux superstars mais ont perdu un GM compétent, ce qui est malheureusement une denrée bien trop rare à NY.

 

Les belles années…

 

Je reconnais que le titre de cette partie est un peu exagéré car il est question que de deux saisons sachant qu’il n’y en a qu’une de vraiment bonne. Mais, à l’échelle de l’histoire récente des Knicks, ce n’est pas si exagéré. La saison 2011-2012 était très attendue par les fans des NYK puisque c’était la première saison complète avec Stoudemire et Melo. Le début de saison est une déception (oui je sais, c’est une habitude) : 8 victoires pour 13 défaites sur les 21 premiers matchs. Mais alors qu’on commençait tous à désespérer notamment avec les blessures de Stoudemire et de Carmelo, un miracle, comme seule NY peut nous offrir, s’est produit : Jeremy Lin, alors perdu en bout du banc, est devenu injouable. Il réalise un mois de février tout simplement exceptionnel et devient le chouchou du Madison Square Garden. La « Linsanity » qui s’empare de New York montre à quel point la ville est prête à s’embraser pour sa franchise au moindre signe positif. Les Knicks finissent 7ème de la conférence Est mais sont de nouveau éliminés au premier tour. Le Heat dispose facilement de la franchise orange et bleue, qui évite toutefois le sweep. La saison montre la difficulté à faire coexister Stoudemire et Anthony ainsi que le problème des blessures trop récurrentes. Elle est également marquée par la démission de Mike D’Antoni, qui n’aura jamais eu l’impact qu’il avait pu avoir à Phoenix. Il est remplacé par son adjoint, Mike Woodson.

 

Lors de la free agency de 2012, les Knicks laissent partir Lin (à Houston) et Fields (à Toronto), tous les deux restricted free agent. La décision de ne pas matcher l’offre des Rockets a été beaucoup critiquée. Beaucoup ont accusé Melo d’en être à l’origine car il supportait mal de devoir partager le haut de l’affiche. Je ne sais pas si cette explication est la bonne mais je suis persuadé que la décision prise l’était. Certes, Lin est un bon joueur, bien meilleur que la plupart des meneurs que New York a eu après. Mais, il est avant tout un 6ème homme or il était impossible de le faire s’asseoir sur le banc après la Linsanity. L’intersaison 2012 est l’une des meilleures que les Knicks ont réalisés. Steve Novak et J.R. Smith sont resignés (ils étaient arrivés en cours de saison précédente) alors que Jason Kidd, Pablo Prigioni et Rasheed Wallace viennent renforcer l’équipe. Les Knicks récupèrent aussi Camby et Felton via des sign and trade. Le 5 majeur est composé par : Kidd – Felton – Anthony – Stoudemire – Tyson Chandler (meilleur défenseur de la ligue en 2012). J.R., Novak, Shumpert, Copeland et Camby apportent leur contribution en sortie de banc.

La saison commence par 6 victoires de suite, meilleur démarrage de la franchise depuis la saison 1993-1994. En mars, ils remportent 12 matchs dans le mois, une première depuis mars 1994. Melo est le meilleur marqueur de la saison régulière (28,7 points par match), J.R. est élu Sixth Man of the Year et Tyson Chandler est sélectionné pour la première fois au All-Star game. Malheureusement (car il y a toujours un malheureusement avec les Knicks), l’équipe va décevoir en playoffs. Lors du premier tour, alors qu’ils mènent 3-0, ils sont obligés d’aller jusqu’au game ­6 pour venir à bout de Boston. Contrairement, aux 2 précédentes campagnes, ils passent le premier tour. Cependant, en demi-finale de conférence, ils sont battus par les surprenants Indiana Pacers (4-2). J.R. Smith, excellent tout au long de la saison, a complètement disparu pendant les playoffs. Pour qualifier cette équipe qui m’a fait vibrer (d’autant que j’étais à NY lors des playoffs), je reprendrais les mots de Kévin : « elle était belle cette équipe des Knicks, pas flashy mais collective ».

 

Top 10 des New York Knicks lors de la saison 2012-2013 – Source : NBA – Youtube

 

L’intersaison 2013 est cruciale car les dirigeants savent qu’il faut que les Knicks passent un nouveau cap. Comme souvent dans ces cas-là, ils font n’importe quoi et signe une intersaison catastrophique. Certes, le premier coup dur n’est pas de leur ressort : Jason Kidd arrête sa carrière et part coacher les Brooklyn Nets. Kidd, malgré son âge, a énormément apporté aux Knicks. Ensuite, la direction enchaine les mauvais choix en offrant un contrat de 18M sur 3 ans[5] à J.R. Smith et en transférant leur premier tour de la draft 2016 pour obtenir Andrea Bargani.

 

Vous pouvez tromper quelques personnes tout le temps.

 

Cette première partie de la célèbre citation de Lincoln a inspiré Masai Ujiri. Là où le GM des Raptors est fort, c’est qu’il parvient à conclure un deal encore plus déséquilibré que la première fois. La saison qui suit est mauvaise : avec seulement 37 victoires, les Knicks ne parviennent pas à décrocher les playoffs (pour la première fois depuis 3 ans pour NY, depuis le début de sa carrière pour Melo). J.R. Smith semble avoir perdu son basket avec son nouveau contrat (il souffre du même problème avec Cleveland ceci dit), Bargani a été désespérant (la défense…) et Felton est l’objet de toutes les critiques notamment pour son surpoids. Anthony réalise toutefois une belle saison avec notamment ses 62 points face aux Bobcats (un record au Madison Square Garden) comme principal fait d’armes.

 

L’ère Jackson ou la déconstruction permanente

 

Je n’apprécie absolument pas James Dolan : il est l’un des pires propriétaires en NBA, pense que les Knicks ne sont qu’un jouet et insulte les fans et les légendes de la franchise. Cependant, il faut reconnaître qu’en 2014, il tente quelque chose pour relancer sa franchise en nommant Phil Jackson président des opérations basket tout en se mettant (un peu) en retrait. L’idée est séduisante : Phil Jackson est une légende, qui a coaché MJ, Shaq et Kobe et qui a remporté 11 bagues. Malheureusement, le résultat, lui, ne l’est pas (désolé pour le spoiler sur le reste de l’article). Non seulement, Phil Jackson a été nul mais il a surtout gâché l’opportunité unique offerte par la mise en retrait de Dolan.

La première décision de Jackson est de remplacer Woodson par Derek Fisher afin que les Knicks utilisent le « triangle », la fameuse stratégie qui a permis aux Bulls puis aux Lakers d’être champion. Bon, je ne vais pas m’étendre sur le fait que Jackson nous a gonflé pendant 4 ans avec son put*** de triangle alors qu’on avait pas les joueurs pour. Finalement, ce qui me choque le plus, c’est la déconstruction perpétuelle de l’effectif qu’il a effectué. Persuadé que son système était le meilleur parce qu’il lui avait permis de gagner dans le passé, Il a toujours pensé que les joueurs étaient le problème (vous suivez le raisonnement…). Dès son arrivée, il a sacrifié Chandler et Shumpert pour se débarrasser de Felton et de J.R. Smith. Ces 4 joueurs sont bons, ils l’ont d’ailleurs montré en réussissant plutôt bien par la suite. Jackson n’a jamais essayé de les remotiver/relancer, trop obnubilé par ces préceptes d’un autre temps. Le roster des Knicks s’est transformé en jeu des chaises musicales, changeant du tout au tout à chaque intersaison.

 

Je ne vais détailler les saisons 2014-2015 (pire saison de l’histoire de la franchise avec seulement 17 victoires et un roster digne d’une équipe de G-League) et 2015-2016 (meilleure avec 32 victoires mais encore très loin des espérances) pour des raisons évidentes de honte. Bien sûr, Phil Jackson n’a pas fait que des choix catastrophiques : il a réussi à prolonger Melo, fait confiance à des joueurs européens (Porzingis, Hernangómez, Kuzminskas) et permis l’éclosion de Langston Galloway (qui nous avait fait une mini-Lin). Malheureusement, les bonnes décisions se comptent sur les doigts d’une seule main. Je vois déjà quelques grincheux dire que la prolongation de Melo ne peut être qualifiée de « bonne décision ». Si je peux comprendre l’argument de la reconstruction, Melo était tout de même le visage des Knicks et un joueur adulé par les fans. Par ailleurs, je me souviens d’une critique qui aujourd’hui me fait beaucoup rire : « Si Melo avait de l’ambition, il aurait signé aux Bulls ou aux Rockets ». A l’heure où tout le monde critique les stars qui rejoignent des superteams, je dois dire que l’ironie de la situation me fait bien rire. Melo a fait le choix du cœur (certains diront de l’argent mais personne ne peut douter de son amour pour NY) et, pour cela, mérite un grand respect.

 

Un mot tout de même sur la dernière saison : je soupçonne Phil Jackson d’avoir compris que la patience de Dolan avait des limites et donc d’avoir voulu tenter le tout pour le tout avec la venue de Derrick Rose. Honnêtement, c’était un pari qui se tentait. Cette saison ne s’annonçait de toute façon pas comme palpitante. Récupérer un ancien MVP en fin de contrat contre quasiment rien n’était pas un move aberrant. Le 5 majeur était d’ailleurs pas ridicule sur le papier : Rose – Lee – Melo – Porzingis – Noah. Malheureusement, Noah a été inutile, Lee en dessous de son niveau de jeu habituel, Melo et Rose ont phagocyté le jeu des Knicks et Porzingis n’a pas été assez servi. Le traitement réservé à Anthony et le contrat faramineux de Noah sont des décisions injustifiables. Heureusement, Phil Jackson a décidé de quitter les Knicks cet été, peu de temps après avoir été prolongé (classique Knicks…). Si les Casseurs Flowters font un nouvel épisode de Bloqués sur le thème « Le pire truc que t’aies fait à une ex », il doivent absolument demander à Phil Jackson de participer : « j’ai dégoûté le joueur star de sa ville natale pour qu’il parte et signé des gros contrats sur plusieurs années pour qu’ils soient bloqués ».

 

Bilan des années Melo

 

Je suis un grand fan de Carmelo Anthony donc forcément, ce bilan ne sera pas catastrophique. Plus exactement, je trouve des circonstances atténuantes à un bilan qui aura pu et dû être bien meilleur. Car l’histoire entre Melo et NY devait être magnifique à l’image de sa première présentation au Madison Square Garden. « I wanted to be Bernard King. » pouvait-on lire sur les écrans géants avec en fonds Coming Home

Inévitablement, il faut distinguer les premières années des années Jackson, même si finalement le principal problème est le même. Pourquoi distinguer alors ? Parce qu’on note une différence dans les performances. Lors de ces premières années, Anthony a véritablement porter les Knicks, il était capable de faire la différence sur ses isolations. Sous l’ère Jackson, notamment lors des deux dernières saisons, il a continué à ralentir le jeu sans pour autant réussir à faire la différence comme autrefois. L’âge et la motivation déclinante suite aux déclarations de Jackson ont certainement joué. Il était nettement moins rapide dans l’exécution de ses moves. Toutefois, il reste un des meilleurs attaquants de la ligue.

 

Le vrai problème est qu’il n’a jamais été associé à la « bonne » star. Durant ses 7 années à NY, Melo a d’abord été associé avec Stoudemire puis avec Porzingis, deux excellents joueurs. Mais le problème est que ces deux joueurs évoluent principalement au poste 4. Carmelo Anthony peut jouer au poste 3 mais aussi au poste 4. Mais c’est un fait : Carmelo est meilleur au poste 4. Le Melo magique de Team USA évolue au poste 4. Malheureusement, il n’a que peu joué à ce poste car la « seconde star » de l’équipe y évoluait. Au-delà de ce problème de poste, il avait aussi besoin d’une seconde star pour partager le leadership. Melo n’est pas comme LBJ : il ne parvient pas seul à motiver, diriger une équipe. Là encore, les deux stars qui lui ont été successivement associées n’ont pas été capable de tenir ce rôle. Stoudemire a été freiné par les blessures à New York or il est difficile de diriger une équipe quand on joue peu. Par ailleurs, je ne suis pas sûr qu’il était à même de le faire. A Phoenix, c’était plus Steve Nash que lui qui dirigeait l’équipe. Quant à KP, il est peut-être un peu jeune pour jouer ce rôle quoiqu’il faut reconnaître qu’avec le temps, il s’affirme de plus en plus. Certains ont reproché à Anthony de ne pas vouloir partager le leadership de l’équipe. Je pense que c’est faux, il a vraiment essayé avec Porzingis, qui regrette d’ailleurs son départ. Pour KP, « Carmelo était mon mentor, mon grand frère depuis le premier jour »[6].

 

Une image qu’on ne reverra plus… – Source : Keith Allison – FLickr

 

Et maintenant ?

 

C’est la grande question que tous les fans des Knicks se posent. Dolan a testé la mise en retrait (relative), ça n’a pas fonctionné. Il est donc revenu aux basiques en nommant son ami Steve Mills à la présidence des opérations basket. Mills connait bien les Knicks car, hormis 4 années (2009 à 2013) où il a travaillé pour Magic Johnson Entreprises, il a toujours été impliqué dans la direction des Knicks. Cela ne présage rien de bon… Mills a nommé Scott Perry GM, lui qui était depuis 3 mois vice-président des opérations basket au Sacramento Kings (une franchise aussi bien gérée que les Knicks…). Pour être honnête, je n’ai pas d’avis sur la personne, j’attends de voir son travail tout en espérant que ce soit une bonne surprise. Côté coaching, Jeff Hornacek est toujours là. Il a une saison pour montrer que ce qu’il a fait à Phoenix n’était pas qu’un coup de chance. Je me réjouis qu’il soit libéré de l’ombre de Phil Jackson et suis impatient de voir ce qu’il va nous concocter. Malheureusement, Kurt Rambis, fidèle de Phil Jackson, est toujours là en tant qu’assistant.

 

L’intersaison a été parasitée par le départ de Phil Jackson entre la draft et la free agency. L’unique avantage est pour la direction qui pourra rejeter la faute sur Jackson si rien ne fonctionne. Il est impossible de savoir qui est responsable de quoi cet été. On peut résumer l’intersaison en 3 principaux points :

  • Sélection du français Franck Ntilikina à la draft
  • Signature de Tim Hardaway Junior
  • Arrivée de Kanter et McDermott (dans le cadre du trade de Melo)

Le reste est assez anecdotique. Je passe sur le fait qu’on fasse revenir un joueur qu’on a drafté pour 17M par saison sur 4 ans (merci Phil). Ce n’est pas tant son nouveau contrat qui me choque que son trade inutile. NY aura la particularité de s’appuyer sur 3 joueurs européens : Porzingis, Ntilikina et Hernangómez. Je passe également sur la faiblesse de la contrepartie obtenue dans le trade de Melo même s’il est vrai que le contrat expirant à la fin de la saison et la no-trade clause de ce dernier ne facilitaient pas les négociations. NY a ajouté à son roster Michael Beasey, Ramon Sessions et Jarett Jack. Alors quel 5 majeur ? Pour le moment, je serais tenté de dire : Ntilikina – Lee – Hardaway Jr – Porzingis – Hernangómez. Il est possible que Kanter joue à la place d’Hernangómez. Ce 5 majeur n’est pas sexy mais il m’intrigue. Beasley, McDermott, Kuzminskas, Baker, O’Quinn auront du temps de jeu en sortie de banc. Quid de Noah ? Le joueur est suspendu pour les 10 premiers matchs mais ensuite la question de son rôle demeure.

 

NY a débuté cet été un énième processus de reconstruction. En principe, lorsqu’on reconstruit, on s’appuie sur des tours de draft et on essaie de nettoyer un peu son roster pour garder de la place sous le salary cap dans l’attente de jours meilleurs. Le problème est que les Knicks cumulent les contrats longs et coûteux.

 

Nom

Thomas Noah Lee Kanter

Salaire annuel

7M 18M 12M

17M

Fin du contrat 2020 2020 2020

2018 + option joueur

Source : Spotrac.com

 

Je n’ai pas inclus dans le tableau le contrat de Tim Hardaway Junior car il est le résultat d’une décision de la nouvelle direction. Par contre, j’ai inclus celui d’Enes Kanter car il est fort probable qu’il active son option à la fin de la saison. Il ne sera donc pas simple de reconstruire avant 2020 car la plupart de ces joueurs sont intransférables du fait de leur contrat aberrant. Les Knicks aurait légitimement dû se lancer dans une purge comme celle menée par Donnie Walsh entre 2008 et 2010 pour préparer la free agency 2018, qui s’annonce être aussi intéressante que celle de 2010.

Au fil de l’article, vous aurez remarqué que les Knicks n’ont jamais été bons lors des free agencies et pour les trades. Il faut toutefois tordre le cou à une idée reçue : les Knicks ont plutôt de bonnes idées à la draft. Le problème est plutôt qu’ils ne piochent pas assez souvent car ils bazardent leurs tours dans des transferts fantaisistes.

 

Année

2007 2008 2009 2010

2011

Nom

Wilson Chandler Gallinari Hill

Douglas

Rautins

Fields

Shumpert

Tour, N° pick

1, 23 1,6 1, 8

1, 29

2, 38

2, 39

1, 17

 

Année

2012 2013 2014 2015 2016

Nom

Papanikolaou Hardaway Jr Early

Antetokoumpo

Porzingis

Pas de tour

Tour, N° pick 2, 48 1, 24 2, 34

2,51

1, 4

Pas de tour

Source : Wikipedia

 

Attention, je ne dis pas que tous les choix réalisés sont excellents mais il est surprenant de constater que les Knicks ont la main plutôt heureuse pour la draft alors qu’ils sont si mauvais pour les free agencies et les trades. En 2009, ils auraient pu sélectionner DeRozan, en 2011, Butler et en 2013, Gobert. Mais, c’est toujours plus facile de le dire après.

 

Au fil de ses lignes, vous aurez certainement compris qu’être fan des Knicks n’est pas de tout repos. En 15 ans, une seule saison a vraiment été incroyable, la saison 2012-2013. J’étais à New York lors de la fin de la série contre Boston et au début de la série contre Indiana. J’ai pu voir à quel point la ville était capable de s’enflammer pour ses Knicks. C’est aussi ça qui fait la magie de New York : des fans passionnés, capables d’adorer un joueur venu du bout du banc, d’huer un joueur le soir de la draft avant de l’aduler, … Tout est excessif chez les Knicks à cause de la passion. Mais heureusement que nous sommes passionnés car sinon ce serait dur de tenir. Espérons que cette saison marque véritablement le début d’un nouveau cycle les New York Knicks !

 

Once a Knick, Always a Knick

 

Photo : Michael Tipton – Flickr (licence)

 

Notes :

[1] Donald Sterling est contraindre de vendre sa franchise, les Los Angeles Clippers, en 2014 suite à la publication dans la presse d’un enregistrement dans lequel il tient des propos racistes. Ses propos lui vaudront un bannissement à vie de la NBA.

[2] Il faut se souvenir que le salary cap n’était pas aussi haut qu’aujourd’hui. Il n’était que de 53M lors de la saison 2005-2006 contre 99M pour la saison qui va démarrer. Source : RealGM

[3] Source : http://bleacherreport.com/articles/1943248-what-if-lebron-james-had-signed-with-new-york-knicks

[4] Le trade implique plus de joueurs et une troisième équipe, les Minnesota Timberwolves.

[5] Le salary cap pour la saison 2013-2014 était de 58,6M. Source : RealGM

[6] Source : http://www.basketsession.com/actu/anthony-hornacek-euro-kristaps-porzingis-401202/

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A propos Adrien Dorel

Fondateur de Claim Your Ideas - Etudiant à l'EDHEC

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