Man VS Wild

 Pour de nombreux sportifs de l’extrême, mourir n’est pas une option. Malheureusement, ces aventuriers sont parfois rattrapés par la réalité, les forces auxquelles ils s’exposent et contre lesquelles ils se dressent. C’est le cas de Henry Worsley, aventurier Britannique de 55 ans, décédé la semaine passé alors qu’il tentait de traverser l’Antarctique à pied, seul et sans assistance.

Traversée de l’Antarctique : la mort d’un héros

 

            Cet ancien colonel aurait bouclé la première traversée de l’Antarctique, réalisant ainsi l’aventure inachevée de Sir Ernest Shackleton, un autre Britannique ayant perdu la vie sur cette même traversée il y a un siècle. Alors que Sir Shackleton n’avait, lui, pas atteint le pôle sud, Henry Worsley l’avait bien dépassé. Car, accrochez-vous, ce dernier à perdu la vie à seulement 48 kilomètres de son but, après en avoir parcouru plus de 1 600 … Si près du but, tellement proche de l’exploit… Une mort aussi touchante que brutale : au 71ème jour de son expédition, l’aventurier appelle les secours, après être resté deux jours dans sa tente en plein Antarctique, incapable de bouger un muscle. Il a été rapatrié en hélicoptère dans un hôpital, au Sud du Chili, où il décédera deux jours plus tard, suite à une défaillance totale de ses organes. Il se sera battu jusqu’au bout, jusqu’au point de non-retour, là où son corps ne pouvait même plus se reconstruire.

            Cet ancien colonel a servi dans l’armée pendant 36 ans ; il était un ami proche des Princes William et Harry et avait monté cette expédition avec un but bien précis : lever des fonds pour l’association caritative The Endeavour Fund, venant en aide aux blessés de guerre et aux vétérans. C’est une association gérée par la Fondation Royale du Duc et de la Duchesse de Cambridge, et par le Prince Harry. Grâce à ce projet, Henry Worsley avait rassemblé 130 000€ destinés à ceux marqués à tout jamais par la guerre. C’est un homme héroïque, humble et incroyablement courageux qui nous a quitté.

 

Jusqu’où aller quand il s’agit d’affronter un danger mortel ?

 

            Henry Worsley laisse derrière lui une femme et deux filles, comme beaucoup d’alpinistes et aventuriers qui ont perdu la vie avant lui. On se souvient notamment de la mort de Rob Hall et des sept autres alpinistes décédés en redescendant de l’Everest en 1996. Un épisode qui a inspiré Hollywood, avec le film Everest, sorti en septembre, avec Jake Gyllenhaal en tête d’affiche. Décrit comme « l’endroit le plus dangereux du monde », l’Everest peut s’avérer être un véritable enfer et ces morts tragiques ne sont pas des cas isolés. Le plus haut sommet du monde fait partie des monts et des expéditions qui nourrissent les fantasmes des explorateurs les plus chevronnés et, pour ceux qui réussissent, c’est tout autant la pire et la plus belle expérience de leur vie. Affronter de telles épreuves, flirter avec la mort pour atteindre le toit du monde, c’est un peu se prendre pour Dieu. Car, à part l’hubris, qu’est-ce qui pourrait nous pousser à affronter des températures qui frôlent les -50°C et un air privé de 60% de l’oxygène qui nous entoure ? De telles expéditions sont une lutte contre notre condition physique d’être humain car, à ces hauteurs, le corps ne vit plus. Il survit.

            Mais, s’il s’agit d’un pari assez fou pour dépasser notre nature physique d’homme, de telles expéditions sont de formidables aventures humaines lorsqu’elles connaissent une fin heureuse. S’il existe un film qui le raconte magnifiquement bien, et que je ne peux que vous recommander, c’est Meru.

Présenté à Montagne en Scène cette année et primé au Sundance film Festival, ce film raconte l’ascension du mont éponyme par trois alpinistes qui, après un premier échec, retentent l‘expédition au péril de leur vie et malgré les supplications de leurs proches. Allez vite regarder ce film pour en connaître le dénouement et pour réaliser, encore une fois, qu’au sommet du monde, personne n’est à l’abri. Et surtout pas l’homme.

Photo – CTV Edmonton

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A propos Fanny Guélin

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