L’essentiel est sauf

Que cette qualification fut poussive. Entre première mi-temps indigeste, une seconde plus aboutie, des joueurs qui se réveillent, et d’autres qui dorment toujours aussi profondément, il n’y aura donc aucun match facile.

 

Le match

 

La France nous avait gratifiés lors de ses trois premiers matchs de six mi-temps médiocres. La septième n’en est que la suite logique. Une EdF faible face à une adversité à peine plus relevée qu’en poule, se fait bousculer d’entrer. Pas de quoi se montrer pour les Irlandais, juste le nécessaire pour parfaitement débuter leur rencontre grâce à un pénalty bêtement concédé. Derrière, l’EIRE fait ce qu’elle sait faire. Tenir, et casser le rythme. Une tentative de réaction, bien que relative, a le mérite d’exister pour les bleus. C’étant sans compter sur les imprécisions techniques, les absences de mouvements, et l’originalité de l’inversion des postes entre Pogba et Matuidi, dont n’a pas profité le premier, et qui n’a fait que gêner un second inexistant dans le premier acte. Pas de rythme, peu d’occasions à se mettre sous la dent, et l’Irlande tient son score à la mi-temps.

 

DD, bien conscient de sa bêtise initiale change ses plans. Exit le 4-3-3, on passe en 4-2-3-1, Coman remplace Kante, Matuidi et Pogba reprennent leurs places habituelles. Conséquence directe, les bleus repartent avec de meilleures intentions, et sont plus tranchants. Dissipés, les doutes de la première période, Griezmann de son doublé remet les bleus dans le sens de la marche. On saluera pour l’occasion le seul bon centre de Sagna, qui ne terminera pas cette fois-ci sa course au huitième poteau. Surtout, on ne peut que se délecter de la tête parfaite du Madrilène : timing, détente, précision, tout est parfait pour convertir ce coup de tête rageur en but libérateur. Idem pour le second, où un Giroud dans l’ensemble bien discret se met enfin en évidence avec son idéale déviation pour permettre à Griezou de partir au but et crucifier un Randolph qui avait jusque-là bien retardé l’échéance. Dans la foulée, le buteur provoquera aussi l’exclusion de Duffy, dernier défenseur alors que le colchonero filait au but. De là les bleus sont tranquilles et se contentent de gérer. Dommage d’ailleurs de ne pas avoir enfoncé le clou. Puis Gignac remplace Giroud, juste le temps de taper une jolie barre mais aussi de mal négocier des occasions de 3ème but, qui étaient de toute façon menées sans grande conviction.

 

Ses enseignements

 

Certaines choses sont immuables dans cette équipe de France. Cette défense est toujours aussi inquiétante. Evra et Sagna apporte toujours aussi peu, et Rami est si faible. Aujourd’hui encore ils (et surtout ce dernier) nous ont régalés de longs ballons inutiles, perdus d’avance, de passes approximatives, et d’interventions défensives rarement rassurantes. Par contre ce qui change, mais qui n’est donc pas une grande perte, c’est sa suspension pour les quarts. Ce qui va nous contraindre à aligner deux gauchers en charnière, dont un qui n’aura pas joué un seul match de l’euro. Kante sera aussi suspendu. Cabaye aligné ? Ou alors l’occasion d’introniser ce 4-2-3-1 ? Car s’il y a bien une chose qui a changé aussi, c’est la réussite de cette seconde mi-temps, qui est bien la première aboutie depuis le début de cet Euro. Et si l’on s’est fait peur avec ce triste premier acte, elle aura au moins servi à apprendre qu’il ne faut pas intervertir Pogba et Matuidi. Caprice ou non des concernés, si le Turinois est passé de mauvais à moyen, le Parisien est lui passé de l’ombre à la lumière. Invisible lors du premier acte, plus à son aise dans le second. D’ici à réfléchir à l’organisation tactique pour le prochain match, il y a de la marge. Nous ignorons toujours qui sera notre adversaire, et quelles seront nos forces en présence. Giroud semblerait avoir un genou douloureux, et Coman, sorti après s’être tordu une cheville, bien que la Dech se veuille rassurante. Une entrée d’ailleurs intéressante du munichois qui, bien que brouillon, et indépendamment de l’apport tactique évident du à cette réorganisation, a su apporter sa percussion et sa vitesse.

 

D’ici là, contentons-nous d’espérer que cette France aux deux visages reprendra le prochain match sur les mêmes bases que cette seconde période, en guise de « mi-temps référence ».

 

Photo : Facebook : Equipe de France de Football

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A propos Alban de Poulpiquet

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