La promenade des Cavaliers est terminée

Petite sensation dans cette finale de la Conférence Est: les Cavs de LeBron James ont été incapables de prendre un match au Canada. Ils se retrouvent donc à 2-2 face aux Raptors, ce qui rend cette série bien plus indécise que prévue. Cleveland a encore toutes les cartes en main avec l’avantage du terrain, mais vient de montrer (enfin) des signes de faiblesse, des erreurs qu’il ne faudra surtout pas reproduire contre OKC ou Golden State si la franchise s’invite aux Finals.

 

Le retour des problèmes en défense

Contre Detroit et Atlanta, les Cavs avaient impressionné en défense. Tout le monde élevait son niveau, on voyait un excellent Kyrie Irving des deux côtés du terrain. Et Cleveland faisait la loi sous les panneaux avec notamment Tristan Thompson. Contre Atlanta, c’est normal, tout le monde les tape aux rebonds. Face aux Pistons de Drummond, c’était déjà plus surprenant.

Cela avait également bien commencé face aux Raptors: deux branlées (115-84 et 108-89) réalisées grâce à un collectif parfaitement rôdé, une défense et une agressivité de tous les instants. Lors du Game 1, les joueurs de l’Ohio avaient même gobé deux fois plus de rebonds que Toronto (45 contre 23) ! Rien ne semblait donc indiquer qu’un retournement de situation était possible, le sweep étant même clairement envisagé.

Mais, transcendés par leur formidable public, les Raptors se sont relevés. Dans l’envie, ils sont transfigurés, en attestent les 26 rebonds pris par Biyombo à lui tout seul lors du Game 3 ! Dwane Casey, le coach des Raptors, a réussi de bons ajustements en défense, fermant l’accès au cercle et laissant les Cavs shooter de loin (on va en parler). Et il a, semble-t-il, trouvé les mots pour relancer son duo de choc, Lowry-DeRozan. Les deux All Stars, tant en difficulté depuis le début des playoffs, sont déchaînés depuis deux matchs. Le meneur vient de planter 35 points cette nuit, tandis que DeMar reste sur deux sorties à 32 unités. Ayant arrêté de chercher les lancers francs à tout prix, les deux extérieurs ont retrouvé de la fluidité dans leur jeu et font vivre un véritable calvaire à Kyrie Irving, en particulier. Et puisqu’il dépense plus d’énergie en défense, le meneur des Cavs peut connaître des trous d’air en attaque, lui qui était le meneur le plus adroit depuis le début des playoffs (plus de 50% de réussite). Son 3/19 du Game 3 fait du coup plutôt tâche.

 

Un concours à 3 points qui devient caricatural

Si brillants de loin, ayant battu un record d’adresse contre les Hawks, les Cavs se sont découverts une grande force à 3 points. Après tout, avec Love, Frye, Smith, Irving, Dellavedova et Jefferson, c’est normal de s’en servir, tous ces joueurs étant des shooteurs. Le problème, c’est que Cleveland ne fait plus que cela, ou presque. Lors des deux matchs à Toronto, ils ont pris 41 tirs primés ! Un volume monstrueux, deux fois plus que lors des deux premiers matchs. Et s’il y a toujours un joueur qui arrive à régler la mire (un coup Smith, un coup Frye), les autres ne font qu’arroser de loin. Kévin Love, si dominant sous les panneaux à une époque, n’est plus qu’un shooteur de loin dont l’adresse est très variable.

Tirer de loin a fonctionné contre les Hawks, mais les Raptors ont pris les Cavs à leur propre jeu. Cleveland est de fait beaucoup plus prévisible dans son jeu et se fait enterrer si l’adresse n’est pas au rendez-vous d’entrée. C’est ce qui se passe depuis deux rencontres: les partenaires de LeBron ratent leurs premiers shoots et les Raptors protègent totalement la raquette, pour ne pas les laisser engranger des paniers faciles. Seul LeBron arrive à tirer son épingle du jeu tandis que les autres Cavs sont obligés de shooter de loin, avec une confiance qui s’étiole au fur et à mesure. Le piège est parfait.

 

Les Raptors prennent confiance, un exploit est-il possible?

Quoi qu’il arrive maintenant, les Raptors auront réussi leurs playoffs. Raillés pour leur fragilité mentale (mea culpa…) dès que les choses sérieuses commençaient, ils auront réussi à atteindre la finale de Conférence pour la première fois de leur histoire, au bout de deux séries en 7 matchs. Et ils ont déjà fait tomber les Cavs, jusque-là invaincus, à deux reprises.

Une surprise pour les observateurs, mais pas pour les joueurs qui étaient parfaitement conscients d’avoir un coup à jouer. Maintenant, pour passer, il va falloir qu’ils soient immenses: gagner un 3e match à domicile ne suffira pas. Il faudra l’emporter sur les terres du King, en Ohio. Ils ne s’en sont jamais approchés lors des deux premiers matchs, mais qui sait? La clé sera de commencer très fort, comme à domicile, pour ramener la troupe de Tyronn Lue à ses doutes. Et après, il faudra espérer que les Cavs soient dans un mauvais jour en termes d’adresse. Car, lorsqu’ils trouvent la mire de loin, il n’y aurait bien que les Warriors qui seraient capables de répondre au défi. Toujours est-il que la finale rêvée (Cavs-Warriors) est aujourd’hui bien incertaine, et qu’on pourrait tout aussi bien se retrouver avec un Thunder-Raptors. Sympa pour le suspense, mais bonjour la déprime si cela arrive…

Photo: nba.com

 

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A propos Kévin Mercier

« If cocaine were helium, the NBA would float away. »

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