Klay Thompson, sniper silencieux

Cette nuit commencent les Finals 2016 entre Golden State et Cleveland. Le remake de l’an passé a toutes les chances d’être explosif, puisque les Cavs seront cette fois au complet et que les Warriors ont continué de progresser. Parmi les champions en titre, si Stephen Curry a crevé l’écran pendant la saison régulière, un autre joueur a pris une énorme dimension lors des playoffs : Klay Thompson. Le deuxième Splash Brother, héros du Game 6 face au Thunder et 5e meilleur scoreur de la post-season (26.2 points), n’en a pourtant pas profité pour se mettre sur le devant de la scène. Car, contrairement à Green et Curry, l’arrière préfère volontiers rester dans l’ombre.

 

Capable de prendre feu à tout moment, mais jamais arrogant

Souvent sous-côté, Thompson n’en est pas moins un extérieur exceptionnel offensivement, même s’il ne sera jamais du genre à dribbler toute la défense adverse pour inscrire un panier. En revanche, chez lui, tout est pensé sous le sceau de l’efficacité. Aucune fioriture dans son jeu, il ne pense qu’à se démarquer le plus proprement de son défenseur pour shooter. Avec l’aide de ses coéquipiers, excellents pour poser des écrans, Klay peut profiter à fond de son jeu sans ballon pour s’adonner à son plaisir favori: le catch & shoot (comprendre par là qu’il dégaine dès qu’il reçoit la gonfle).

Bénéficiant également du traitement réservé à Curry, il peut lui arriver d’avoir plus d’espaces pour shooter, même si toutes les défenses sont parfaitement conscientes du danger qu’il représente. Un match (un quart temps, même) est d’ailleurs resté dans l’imaginaire collectif: l’an passé, contre Sacramento, Klay a planté 37 points dans la seule 3e période ! Un coup de chaud ahurissant qui a rendu dingue les joueurs des Kings, et qui a fait de lui le meilleur marqueur de l’histoire sur un quart temps.

 

N’importe quel autre joueur aurait exulté en faisant une telle performance, pas lui. Tout au plus a-t-il montré sa joie sur un tir primé. Autrement, son visage est resté impassible. Comme lors de toute la série contre OKC: si Golden State a décroché un Game 7 et la qualification, c’est grâce à lui. Mais non, toujours personne pour venir se la raconter. Tandis que Draymond Green gonfle les muscles et passe son temps à pourrir ses vis-à-vis, que Curry danse sur le parquet après certains 3 points, Thompson reste totalement concentré sur le jeu. Déroutant.

 

Défenseur hors pair et shooteur d’exception: le profil parfait pour le MVP des Finals?

Autre aspect qui fait de lui un joueur de rêve pour Steve Kerr: sa défense. Grâce à sa taille (2m01) importante pour un arrière, Klay est capable de grandement gêner les extérieurs. Du coup, alors que Curry peut se faire malmener par des joueurs plus grands et/ou plus physiques que lui, rares sont les meneurs ou arrières en mesure de se défaire de Thompson. Chez les Warriors, la donne est souvent la même: c’est Klay qui s’occupe du meilleur extérieur.

Contre OKC, c’est lui qui s’occupait de Russell Westbrook, excepté lors des Game 3 et 4. Ces deux matchs ont d’ailleurs été une catastrophe pour les champions en titre, massacrés par le Thunder d’un WB intenable. Et, à partir du Game 5, Thompson est revenu défendre sur le meneur supersonique. Résultat des courses: 3 victoires de suite et un Russell qui a pas mal arrosé. Une coïncidence? Sûrement pas.

Face aux Cavs, il devrait logiquement s’occuper de Kyrie Irving et sera aussi l’un des joueurs qui défendra occasionnellement sur LeBron, avec Barnes, Iguodala et Green. Transparent l’an passé, son impact sera, cette fois-ci, scruté de très près et indispensable car les Cavs arrivent avec bien plus de certitudes qu’en 2015. Mais on ne le voit vraiment pas se rater une deuxième fois, alors qu’il est reconnu pour avoir un sang-froid à toute épreuve. A vrai dire, on mettrait même une petite pièce sur lui décrochant le trophée de MVP des Finals: alors que Stephen Curry risque d’être terriblement surveillé, Thompson pourra compter sur sa défense pour se mettre en valeur. Et comme cela ne l’empêchera pas de planter au minimum sa vingtaine de points, il pourrait très bien reprendre le flambeau d’André Iguodala, MVP à la surprise générale l’an passé.

 

Thompson, comme la plupart des Warriors, ne vit ainsi que pour la victoire. Altruiste au possible, il ne laisse jamais son égo prendre le dessus. Peu importe les distinctions individuelles (et pourtant, il commence à en avoir entre les records et le concours à 3 points du All Star Weekend), tout ce qui compte, c’est de gagner encore et encore des titres. Comme l’a dit son père et ancien pivot des Lakers, Mychal Thompson, son ultime objectif est de devenir Hall of Famer grâce à toutes les bagues de champion qu’il aura remportées. Certains pourraient s’en inspirer (non, je ne pense pas du tout à toi, James Harden).

Photo: Facebook – Golden State Warriors Official

Vidéo: Youtube – gumbywithpokey

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A propos Kévin Mercier

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