Emery prêt à raviver la flamme du PSG

Depuis hier soir, c’est officiel: Unai Emery est le nouveau coach du PSG. Une signature que les supporters attendaient depuis longtemps (faites pas genre, on sait que vous alliez vérifier toutes les 5 minutes), à cause des discussions interminables pour casser le contrat de Lolo. Mais, enfin, Paris peut aller de l’avant. Avec le faiseur de miracles de Lorca et de Séville, on peut clairement s’attendre à voir le PSG passer un cap et devenir, pour de bon, une vraie terreur à l’échelle Européenne. Même si les sceptiques sont nombreux (coucou Pierre Ménès), arguant que la marge de progression par rapport aux résultats de Blanc est bien mince. Peut-être, mais elle existe et Emery est là pour maximiser le potentiel du club. Un club surpuissant mais qui n’a toujours pas atteint le dernier carré de la LDC dans sa nouvelle ère. Une équipe si talentueuse mais qui dégageait de la suffisance et une incapacité à se surpasser. Tous ces aspects, ils doivent et ils vont changer au PSG à partir de la rentrée.

 

Un entraîneur résolument offensif et qui prône la verticalité

Quand on approche de près la méthode Emery, on voit plusieurs préceptes émerger. Tout d’abord un pressing étouffant pour récupérer la balle le plus vite possible, conformément à la mentalité Espagnole et Sud-américaine. Ensuite, le rôle des latéraux est prépondérant. Le nouveau coach du PSG s’appuie sur eux dans de nombreuses phases de jeu puisqu’il souhaite les voir jouer très haut, à la hauteur des milieux, créer le danger et enchaîner les aller-retour. Et ce à tel point qu’il change souvent de latéraux en cours de match, pour redonner du peps à son équipe. Une excellente nouvelle pour Kurzawa qui a le profil idoine et qui devrait s’imposer comme la nouvelle référence devant Maxwell. Aurier a de quoi être aussi satisfait, même si l’arrivée très probable de Thomas Meunier, l’international Belge, promet une concurrence féroce.

Par ailleurs, si vous vous endormiez devant la possession stérile du PSG made in Blanc, rassurez-vous, ça va changer. Adepte du 4-2-3-1 et des joueurs polyvalents (Angel, tu vas te régaler), Emery n’est pas un acharné de la possession à tout-va. Lorsqu’il sent que l’équipe adverse est en proie au déséquilibre sur certaines phases de jeu, il va demander à ses joueurs d’appuyer rapidement là où cela fait mal, en transition. Au Parc, on verra donc de nouveau des situations de contre, ce qui n’est pas pour déplaire. Jeu hybride, entre contrôle total et attaques supersoniques, telle est la recette Emery. Aussi celle de tous les vainqueurs de la LDC depuis 2013. Prometteur.

 

Un acharné de travail qui s’adapte à l’adversaire

Sur ce point, il y a un gouffre avec Blanc. Ce dernier ne cessait de marteler qu’il fallait imposer son jeu à l’adversaire et ne pas en changer. Emery, au contraire, est un maître dans l’art de s’adapter. S’il apprécie beaucoup le 4-2-3-1, il l’anime de différentes façons, sait le laisser de côté s’il estime que c’est nécessaire. Cela paraît tout simple mais Séville ne jouait pas du tout de la même façon contre le Barça que contre Bilbao, par exemple.

La tactique est décidée grâce à un travail minutieux à la vidéo. Emery a l’habitude de visionner au minimum les 4 derniers matchs de son adversaire afin d’en tirer les forces et faiblesses. Sur cet aspect, il se rapproche grandement de Marcelo Bielsa, un des coachs dont il s’inspire particulièrement (tu vas retrouver le sourire, Alban).

Cette passion pour la vidéo révèle toute la dimension tactique qu’Emery cherche à donner à ses équipes. Véritable passionné de football, il fait partie de cette catégorie de coachs cérébraux, incapables de se détacher de leur travail. Si vous l’imaginez chez lui, à 4h du mat, peaufiner les derniers détails de la tactique pour le prochain match, vous avez tout compris: il est exactement comme ça.

 

Un coach proche de ses joueurs et qui implique l’ensemble de son groupe

Communément, on distingue deux types d’entraîneurs, selon leur personnalité: ceux qui sont plus managers et qui laissent les adjoints mener les entraînements (comme Sir Alex Ferguson et Blanc), et ceux qui sont omniprésents aux côtés de leurs joueurs (à l’instar de Guardiola, Simeone, Mourinho ou encore Zidane). Emery est de la deuxième catégorie, lui qui estime inconcevable de ne pas parler à tous ses joueurs et de rester plutôt froid (ce tacle à la carotide pour Lolo, bordel).

Le principe clé d’Emery avec son groupe, c’est l’implication. Peu importe le statut de tel ou tel joueur, il s’évertue à ce que chacun participe pleinement aux discussions tactiques et comprenne à la lettre le plan de jeu. Un exemple flagrant de cela: la double confrontation entre Séville et la Fiorentina, en demies de l’Europa l’an passé. Un 5-0 au cumulé face à une Fio pourtant très forte, mais qui n’a jamais pu s’appuyer sur la vista de Valero ou les provocations de Salah et Joaquin. Ce dernier, ancien joueur d’Emery, a d’ailleurs raconté que le Basque était venu à la fin du match lui expliquer en détail comment Séville avait écrasé la Fio et comment il l’avait muselé. Surréaliste.

Il aime aussi que ceux qui sont plus souvent sur le banc montrent de la personnalité pour élever leur niveau de jeu. De cette manière, il instaure une forte concurrence à tous les postes, ce qui a pour but de motiver constamment les supposés cadres. Il se base également sur la polyvalence de son effectif pour tenter de nouvelles choses. Le turnover risque donc d’être massif à partir de maintenant au Parc, ce qui a un énorme avantage: Paris disposera d’un effectif plus ample pour satisfaire son coach, aura des plans B, C, voire D, selon les blessures (ce qui n’était pas le cas jusque-là, on l’a bien vu…). Enfin, ses joueurs seront prêts à « mourir sur le terrain » pour lui, puisqu’ils seront tous considérés par leur coach. Il n’y a qu’à voir le culte voué par les joueurs de Séville à leur désormais ex-coach pour le comprendre.

 

Un homme de spectacle, capable d’embraser un stade

Sur ce dernier point, on ne peut rien promettre, vu à quel point le Parc est devenu un cimetière (Nasser, fais revenir les ultras !!). Mais il y a peu de coachs dans le monde dont on se disait qu’ils auraient pu ramener la passion dans l’enceinte Parisienne (Simeone, Bielsa, Klopp, Guardiola et Conte), et Emery en fait partie. Préparez-vous à le voir gesticuler dans tous les sens au bord du terrain, haranguer le public et lui demander de soutenir son équipe jusqu’au bout. Unai est un sanguin et, franchement, cela va faire un bien fou au PSG, mais aussi à la Ligue 1. Ce championnat manquait cruellement d’émotions depuis le départ de Bielsa, à tel point que le seul susceptible de nous faire vibrer, c’était Pascal Dupraz !

On a déjà hâte de le voir décoincer cette Ligue 1 déprimée, se prendre la tête avec René Girard, livrer une grande bataille tactique contre Lucien Favre (l’autre rayon de soleil de la L1 à venir), répondre avec ferveur à toutes les critiques du corporatisme Français, aux aguets pour le descendre et glorifier son prédécesseur au premier faux-pas (ils n’ont même pas attendu sa signature pour commencer, d’ailleurs, ces vautours).

 

Alors, oui, il n’y a pas que du bon: il s’est raté au Spartak Moscou (le contexte n’aidait pas, à sa décharge), est passé à côté d’Isco à Valence, n’est pas particulièrement réputé pour faire jouer les jeunes. Mais il a tout de même fait exploser Sergio Rico, lancé Paco Alcacer à la fin de son mandat Valencien, et converti Jordi Alba, l’ailier de formation, en l’un des meilleurs latéraux du monde. Et surtout, il a fait de Gameiro, Rami, Mbia, Trémoulinas, Mariano et compagnie, des vainqueurs de l’Europa ! Franchement, vous n’êtes pas excité à l’idée de voir ce qu’il va faire de Verratti, Pastore et Di Maria ?

Il n’y a aucune certitude sur le fait qu’il va réussir au PSG, simplement des signes qui concordent tous dans le bon sens. Mais, contrairement à l’arrivée de Blanc 3 ans auparavant, il y a de l’espoir chez les supporters Parisiens. Cet espoir que le PSG va devenir une meilleure équipe, que cette équipe va donner du fil à retordre au Barça, au Réal et au Bayern, qu’elle ne va pas se faire dessus à chaque 1/4 de finale. Que Pastore va enfin illuminer la planète foot une saison entière, que Cavani va redevenir un sniper, que Marquinhos et Verratti vont devenir des références à leur poste, voire même que Lucas sera un joueur intelligent (si, si, c’est possible, et imaginez juste le carnage si ça arrive). Bref, que le meilleur est à venir. Alors, bienvenue Unai. Fais-nous rêver plus que jamais.

 

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A propos Kévin Mercier

« If cocaine were helium, the NBA would float away. »

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