C’est reparti pour un Tour !!!

D’abord je vous prie de me pardonner ce jeu de mot ultra prévisible. Je mettrai ça sous le coup de l’excitation engendrée par l’imminence de cet évènement annuel mythique, le second évènement annuel le plus suivi au monde après le Superbowl ! Pour la 103ème fois, la Grande Boucle va animer 3 semaines du mois de Juillet, à coups d’échappées, de sprints, d’attaques, de stratégies d’équipe, d’efforts, de souffrances et de bonheurs avec pour cadre les sublimes paysages de notre pays. 198 coureurs, les meilleurs dont dispose le peloton professionnel, s’apprêtent à prendre la route. A quelques jours du grand départ, voyons un peu de quoi ce Tour sera fait.

 

Un mélange parfait de tradition et de modernité

 

Cette année, le grand départ du Tour s’est donné pour cadre la majesté du Mont Saint-Michel, en Normandie. Les coureurs s’élanceront samedi pour deux jours dans le Cotentin. Ensuite, les coureurs mettront le cap vers le sud pour plusieurs étapes promises aux sprinteurs avant l’arrivée dans le Limousin et une première étape longue et difficile entre Limoges et Le Lioran. Déjà une occasion de se découvrir pour les favoris, dans les enchaînements de montées et de descentes raides et techniques du massif central. Les coureurs mettront ensuite le cap sur les Pyrénées, puis reviendront vers les Alpes avec un passage par le Ventoux et par la Suisse avant de rejoindre Paris par le Nord, après 21 étapes et plus de 3300 kilomètres.  Jetons un coup d’œil à quelques étapes clef de cette 103ème édition.

 

Etape 2 : Saint-Lô – Cherbourg

 

Dès le deuxième jour de course, toujours dans le Cotentin, le Tour rejoindra Cherbourg, longtemps ville étape dans les années 20 avec une première arrivée en côte pour permettre à un puncheur d’endosser le maillot jaune. La côte de la Glacerie (2 kilomètres à 6%, passage à 14%) pourrait tout à fait convenir à un coureur comme Julian Alaphilippe. Mais avant cela, il faudra éviter les bordures car les coureurs seront exposés à un vent de côté le long de la presque-île pendant plus de 100 kilomètres avant le final de l’étape. Attention à ne pas se faire piéger bêtement !

 

Etape 5 : Limoges – Le Lioran

 

La première étape largement accidentée sera rendue difficile par sa longueur : 216 kilomètres. Au-delà de la distance, la difficulté viendra du parcours proposé. Pendant les 35 derniers kilomètres, les coureurs seront constamment en prise, alternant montées raides et descentes techniques sans répit. Le genre de parcours qui peut permettre de piéger un leader, bien plus que dans des grands cols où le rouleau compresseur Sky a le temps de se mettre en marche.

 

Etape 9 : Vielha Val d’Aran – Andorre Arcalis

 

On tutoiera les hauts sommets lors de cette étape ! Avec deux cols à plus de 2000 mètres dont la montée finale vers Arcalis culminant à 2240 mètres, 5 cols répertoriés dont 3 en première catégorie, cette étape sera l’étape reine des Pyrénées. Les leaders seront forcés à se dépouiller, et on pourrait enregistrer de gros écarts au sommet. Après 9 jours de course, les organismes commenceront à fatiguer, la première journée de repos n’intervenant qu’au lendemain de cette étape. A noter qu’il s’agit d’une des deux étapes qui se déroulera intégralement hors du territoire français.

 

Etape 12 : Montpellier – Mont Ventoux

 

Le Tour renoue une fois de plus avec sa légende, en proposant aux coureurs une arrivée au sommet du mont chauve.  L’étape ayant lieu un 14 juillet, on se prend à rêver de l’exploit d’un Pinot, Bardet ou autre Barguil… Du côté des favoris, Chris Froome tentera sans aucun doute de faire de nouveau exploser ses adversaires, comme il l’avait fait en 2013 d’une manière qui avait sidéré les observateurs…

 

Etapes 17 – 18 – 19 – 20

 

Comme souvent, le Tour de France se jouera dans la dernière semaine, dans les Alpes, avec un enchaînement dantesque auquel les coureurs devront s’attaquer fatigués, usés, et qui peut donc tout remettre en question. D’abord, ce sera l’arrivée à Emosson, précédée par le Col de la Forclaz, un enchaînement très difficile et très raide que les coureurs du Tour découvriront s’ils n’ont pas disputé le Dauphiné 2014.

Ensuite, ENFIN, on l’a !!! Le contre-la-montre en côte demandé depuis si longtemps !!! Entre Sallanches et Megève, les 17 kilomètres passeront par des pourcentages très raides, comme ceux de la côte de Domancy. Ne nous méprenons pas, cette étape comptera beaucoup au classement général !

Enfin, les deux dernières étapes seront dantesques. 9 cols répertoriés en deux étapes, deux Hors Catégorie, 4 premières catégories, des cols mythiques comme les Aravis ou Joux-Plane, d’autres plus originaux mais non moins effrayants comme la Montée de Bisanne, deux étapes un peu plus courtes que la moyenne, donc plus nerveuses, bref, tout est fait pour que les coureurs puissent renverser la hiérarchie sur la fin !

 

Qui fera le Tour ?

 

Du côté des sprinteurs, on retrouvera sans aucun doute les mêmes acteurs que d’habitude. Kittel, Sagan, Kristoff, Boasson Hagen, Cavendish, Greipel, Degenkolb, Coquard, ils seront au départ pour se battre pour le maillot vert. Ils auront des occasions, et encore une fois Peter Sagan semble être le grand favori à sa propre succession, pour la simple et bonne raison qu’il est le seul sprinteur (avec peut-être Bryan Coquard) à oser défendre son maillot en allant chercher des points dans des échappées, lorsque les autres restent bien cachés dans le Grupetto.

La lutte pour le maillot jaune sera intense. Chris Froome semble être le favori à sa propre succession, vu son niveau de forme, et vu la trempe des équipiers que la Sky mettra à son service sur le Tour (sans déconner, Henao, Thomas, Poels, Landa, Nieve, ça envoie du très lourd !). Pour autant, il ne faudra pas oublier les challengers qui seront nombreux. Quintana, bien sûr, qui avance un peu masqué puisque jusqu’à présent, il a cherché à éviter la confrontation directe avec les autres favoris, s’alignant sur la Route du Sud et pas le Dauphiné en Juin. Contador, aussi, aura sa carte à jouer en tant que dynamiteur. La liste des challengers crédibles est assez longue : Van Garderen, Pinot, Bardet, Aru, Kelderman.

Et non, je ne mentionnerai pas Richie Porte, parce qu’un suceur de roue sans panache pareil ça ne mérite rien d’autre que de se faire cracher dessus.

 

Et les Français ?

 

Et bah oui, chaque année c’est pareil, c’est la sempiternelle question qui revient encore et encore. Quid des Français ?

Cette année 2016 a montré qu’on est en droit d’espérer de grandes choses de nos coureurs, sur tous les terrains. Les coureurs français font de nouveau partie des meilleurs du monde, et notre génération dorée semble enfin arriver à maturité.

Au général, Thibaut Pinot et Romain Bardet viseront une place sur le podium. Warren Barguil et Pierre Rolland chasseront le maillot à pois et les étapes de montagne. Julian Alaphilippe, Tony Gallopin et Arthur Vichot se concentreront quant à eux sur les étapes intermédiaires, indécises, promises aux coureurs malins avec du punch. Enfin, notre trio BCD (comprenez Bouhanni, Coquard, Démare) ira frotter dans les derniers kilomètres pour tenter de ramener les lauriers des sprints. A oui mais non… Ca c’était avant que Nacer ne déclare forfait suite à une bagarre alcoolisée dans son hôtel des championnats de France. Que voulez-vous, comme le disait Einstein, y’a que deux choses qui soient infinies: l’univers et la connerie humaine, et encore pour l’univers on n’en est pas surs… De plus Arnaud Démare n’est pas au départ, l’équipe FDJ étant dévouée à Pinot pour le classement général!

 

Et pour finir un petit prono ?

 

De l’avis général, Froome part encore immense favori à sa propre succession, mais ce sera sans doute au prix d’un duel terrible avec Nairo Quintana. Au vu du parcours et de ses immenses progrès réalisés cette année, on voit bien Thibault Pinot terminer sur le podium.

Du côté du maillot vert, je vais me mouiller pour Peter Sagan sans prendre trop de risques.

Maillot blanc ? Beaucoup plus dur à parier. M’est avis que ça se jouera entre Warren Barguil, Adam Yates et Louis Meintjes, le jeune sud-africain de la Lampre. Allez soyons chauvins, avantage Barguil.

Maillot blanc à pois rouges ? Alors là, c’est la roulette russe. Nombreux sont les coureurs capables de le rapporter à Paris. Je vois bien Nairo Quintana, s’il se décide à attaquer Froome avant le Col de Joux-Plane, qui sera la dernière ascension de ce Tour 2016.

 

Cette année pourrait vraiment être un festival français, vu notre potentiel, il faudra seulement avoir le brin de réussite nécessaire pour sentir les bons coups, et être encore là quand les autres lâcheront prise. Une chose est sûre, le Tour sera encore magnifique. Oui, les Sky tenteront de verrouiller la course comme ils le font chaque année, mais c’est aux coureurs de faire la course, alors pour ce mois de juillet, je vous souhaite beaucoup de frissons, d’attaques, d’échappées au long court, et de cocorico !

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A propos Clément Duriez

Etudiant à Audencia en Management des Organisations du Sport

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